Alberta's Provincial Historic Sites, Interpretive Centres and Museums
Father Lacombe Chapel

La Terre de Rupert

« Dès que j’ai entendu que le Earl de Selkirk était en train de commencer un établissement à la Rivière Rouge, j’ai décidé d’avertir le public de la déception et de la grande misère dont les émigrants doivent faire l’expérience dans une telle région si éloignée et inhospitalière. »

Quote John Strachan, 1816, commentant l’établissement du Earl de Selkirk à la Rivière Rouge ( devenue la ville actuelle de Winnipeg)

Jusqu’à la fin du 19e siècle, les vastes terres de l’Ouest canadien faisaient partie de la Terre de Rupert, énorme territoire de la traite des fourrures administré par la Compagnie de la Baie d’Hudson. Pendant deux siècles, de son établissement en 1670 jusqu’à son transfert au Dominion du Canada en 1870, la Terre de Rupert était une région largement sans présence euro-canadienne. Les communautés des Premières Nations y avaient habité pendant des millénaires ; seulement quelques trappeurs, traiteurs, missionnaires et aventuriers euro-canadiens s’y étaient établis. La Terre de Rupert était vue par plusieurs Canadiens comme une énorme région sauvage, impropre au développement agricole et peu faite pour la civilisation. On préférait la garder comme la patrie des Premières Nations et le centre de la traite des fourrures.

Cependant dans les années 1850, la vision de la Terre de Rupert commença à changer de façon dramatique. Des inquiétudes au sujet de l’expansion américaine vers le nord, des craintes liées à la réduction des terres cultivables au centre et à l’est de l’Amérique du Nord britannique et un esprit de colonisation plus agressif poussèrent les expansionnistes canadiens à regarder l’Ouest avec de nouveaux yeux. Deux expéditions scientifiques à la fin des années 1850, l’expédition de Palliser et l’expédition de Youle Hind, confirmèrent la croyance des expansionnistes voyant l’Ouest comme impropre à l’agriculture mais aussi comme une région d’abondance presque sans parallèle attendant d’être exploitée. L’expansionnisme acquit de la vitesse dans les années 1850 et 1860 et atteignit son apogée en 1870 avec l’achat, à la Compagnie de la Baie d’Hudson, de la Terre de Rupert par le Dominion du Canada. L’acquisition marqua le début de la transformation de l’Ouest canadien de « grande terre solitaire », habitée par les Premières Nations et les traiteurs de fourrures, en frontière agricole euro-canadienne.

 

 

Last reviewed/revised: March 18, 2016
Map of the North-West

Carte du Nord-Ouest du cartographe David Thompson, 1814.
Photo: Archives provinciales de l’Alberta, PR1979.0269.0185p

First Nations

Indiens Pieds-Noirs.
Photo: Archives provinciales de l’Alberta, A11192.